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US Open: Auger-Aliassime a trouvé la recette du quatrième quart
Ne lui parlez surtout pas de déclic ni de moment de bascule: si Felix Auger-Aliassime va disputer mercredi son quatrième quart de finale en Grand Chelem après trois ans de disette, il l'attribue avant tout à ses efforts quotidiens et à une "maturité" patiemment acquise.
Evidemment, justifier son bon parcours à l'US Open par la confiance née de sa victoire inattendue au troisième tour contre le N.3 mondial Alexander Zverev est tentant.
"On ne peut jamais prédire" ce genre de choses, soutenait pourtant le Montréalais de 25 ans après ce succès de prestige.
"Certains sportifs peuvent prétendre qu'ils se sont levés un matin et qu'ils savaient" qu'un déclic allait se produire. "Ce sont des conneries, désolé pour ma grossièreté", a insisté l'ex-N.6 mondial, retombé au 27e rang du classement ATP.
Peut-être est-ce New York qui l'inspire alors, lui qui a atteint à Flushing Meadows sa seule demi-finale en Grand Chelem en 2021?
"Est-ce que j'apprécie l'énergie du public, la ville? Je ne crois pas trop à ce genre de choses", a encore réfuté le Canadien après son succès contre Zverev.
Quand il s'agit d'évaluer ses chances de bien figurer dans un tournoi, "je suis beaucoup plus terre-à-terre et je me demande: +comment est-ce que je joue?+"
La surface de jeu new-yorkaise peut aussi expliquer le regain de forme du Canadien, plus aperçu en quarts de finale d'un Grand Chelem depuis l'Open d'Australie en 2022.
- "Laisser passer l'orage" -
"Les courts en dur de New York et de l'Australie me conviennent mieux" que la terre battue de Roland-Garros ou le gazon de Wimbledon, développe le Canadien, vainqueur de ses sept titres ATP sur cette surface où ses services et coups droits puissants font le plus mal.
Depuis le début du tournoi, "FAA" a planté 47 aces en quatre matches, autant que Novak Djokovic. Parmi les joueurs encore en lice, seul le 4e mondial Taylor Fritz a fait mieux (62).
"Il joue très bien cette semaine, il a beaucoup d'armes dans son jeu", l'a complimenté son adversaire en quarts de finale, l'Australien Alex De Minaur (8e).
Mais pourquoi ces armes ne se sont-elles pas exprimées avec autant d'efficacité ces dernières années à Melbourne et à New York?
L'entraîneur du Canadien Frédéric Fontang ne souhaite pas s'exprimer pour le moment, mais Alexander Zverev avance une hypothèse.
"Quand il joue bien, il joue vraiment bien. Mais quand il joue mal, il joue aussi vraiment mal", avançait l'Allemand deux jours avant sa défaite.
Avec Auger-Aliassime, "tout l'enjeu est de laisser passer l'orage", confirme De Minaur.
"Il a des moments sur le court où il est imbattable et d'autres où il va multiplier les fautes directes", poursuit l'Australien de 26 ans, mené 2-1 dans ses duels avec son cadet sur le circuit principal.
- Pas qu'un "accident" -
"Ces dernières années, j'ai travaillé de façon à (...) essayer d'être plus constant", a certifié le Canadien lundi après avoir éliminé en trois sets Andrey Rublev (15e), qui l'avait pourtant battu sept fois en huit duels.
"Avec un peu (plus) de maturité, je suis plus à l'écoute" de son entraîneur et de lui-même, a ajouté le désormais quadruple quart-de-finaliste en Grand Chelem.
"Je me suis peut-être un peu trop remis en question après certaines défaites", analyse Auger-Aliassime. "Par exemple là, j'ai perdu à Toronto, à Cincinnati, mais j'en ai moins fait un drame que par le passé. Je pense que ça m'aide aussi à rebondir sur le tournoi d'après."
De quoi le laisser espérer que ce quart de finale longtemps attendu n'est pas qu'un "accident".
"Il y a beaucoup de travail derrière. J'ai dit sur le court que (ce quart, NDLR) avait plus de saveur que quand j'avais 21 ans parce qu'à cet âge-là, tu as l'impression que ça arrive presque naturellement. Tu te dis que tu vas le refaire chaque année, que ce n'est pas si difficile", a-t-il fait valoir lundi.
"Mais après, tu réalises que c'est difficile. Je comprends beaucoup mieux la valeur d'un quart de finale aujourd'hui qu'il y a quelques années."
G.Machado--PC