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US Open: Tokito Oda, star du tennis fauteuil, déjà dans l'histoire à 19 ans
Numéro un mondial à 17 ans, champion olympique à 18, le Japonais Tokito Oda, sensation du tennis fauteuil, part dès mercredi à la conquête du dernier tournoi du Grand Chelem qu'il n'a pas encore gagné, l'US Open.
"C'est un joueur debout qui joue assis", résume la légende française de la discipline Stéphane Houdet, admiratif du jeune gaucher au bandeau, déjà six fois couronné en majeur.
A 19 ans, Oda, qui entre en lice mercredi à New York contre l'Américain Casey Ratzlaff, symbolise l'évolution du paratennis, où les déplacements prennent de plus en plus d'importance.
Son style de jeu? "C'est une prise de balle tôt, de l'effet", décrit Houdet, également en lice à l'US Open qu'il a remporté en 2013 et 2017. "Oda sert à 175, 180 km/h (...) C'est très très impressionnant."
Frappé à 9 ans par un cancer des os, qui lui vaut aujourd'hui de marcher avec une canne, le Japonais s'est mis au tennis fauteuil quelques mois plus tard, après avoir dû renoncer au football.
Il a été inspiré par le monument nippon Shingo Kunieda, 28 fois titré en simple en Grand Chelem, récemment retraité et parfois considéré comme le plus grand joueur de paratennis de tous les temps.
"Il a amené une nouvelle énergie et un nouveau style au tennis fauteuil", estime le Britannique Alfie Hewett, N.2 mondial et seul joueur capable de contester la supériorité d'Oda en Grand Chelem cette année (victoire en finale de l'Open d'Australie).
Dans un sport qui autorise deux rebonds, contre un seul au tennis, le natif d'Ichinomiya (entre Tokyo et Kyoto) pratique un jeu très agressif: il entre presque systématiquement à l'intérieur du court sur service adverse.
Son tennis "est beaucoup plus rapide" que la moyenne, décrit Hewett, "les points plus courts et le jeu beaucoup plus agressif".
Dix fois vainqueur en Grand Chelem, Hewett ne s'est imposé qu'une fois en huit tentatives contre le phénomène nippon depuis un an et demi.
- "Il vous punit" -
Décidé à résoudre ce casse-tête, l'Anglais a bouleversé ses méthodes d'entraînement avec à l'esprit le jeune Japonais, se forçant à sortir de sa "zone de confort" et à jouer plus vite.
"Il faut que chaque balle pèse, dit-il. Sinon, il vous punit."
"Il nous a tous forcés à travailler plus dur, à gagner en puissance, à être plus affûtés physiquement", constate le Britannique.
Après sa médaille d'or aux Jeux paralympiques, Oda dit avoir mis l'US Open dans son viseur.
"Si je gagne cette semaine, ce sera un accomplissement. J'aurai tout, rêve-t-il. Mais je n'y pense pas trop. J'essaye juste de profiter des matches."
Oda ne fait pas du palmarès de son glorieux aîné Kunieda un objectif en soi, dans un sport qui commence à mieux rémunérer ses champions.
Le lauréat de l'US Open 2025 en fauteuil empochera 90.000 dollars (environ 77.000 euros), contre moins de la moitié en 2019 (33.600).
Aucun autre handisport ne propose de telles dotations.
Au-delà des victoires, il se voit comme un ambassadeur de sa discipline.
"Il faut faire venir plus de gens" voir des matches, ambitionne le Japonais, "jouer du bon tennis pour tout le monde et faire naître des fans de par le monde."
Il a plus d'un atout pour y parvenir, avec son charisme naturel, son goût du spectacle, avec poings levés et appels au public durant les matches et enfin les "codes de la jeunesse", souligne Stéphane Houdet.
Sponsorisé par Nike, Oda s'affiche même, au Japon, dans des spots pour la chaîne de restauration rapide Hotto Motto ou l'équipementier automobile Tokai Rika.
Transformé par l'ère Kunieda, l'archipel accorde une place significative à la couverture du tennis fauteuil.
Ambassadeur de l'enseigne vestimentaire Uniqlo, "Shingo (Kunieda) avait montré l'exemple, avec des contrats inconnus chez nous, situe Houdet. Mais je ne serais pas surpris qu'Oda soit aujourd'hui devant en termes de rémunération."
G.Machado--PC