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Nouvelle manifestation pro-palestinienne sur la Vuelta: Israel-Premier Tech exclut de se retirer
La présence massive de manifestants pro-palestiniens à l'arrivée à Bilbao a conduit mercredi les organisateurs du Tour d'Espagne à écourter la 11e étape, sans désigner de vainqueur, alors que l'équipe Israel-Premier Tech, directement visée, exclut de se retirer de la course.
Ce nouvel épisode pose des questions sur la bonne tenue des étapes à venir, et le directeur technique de la Vuelta, Kiko Garcia, a suggéré mercredi soir que l'équipe Israel-Premier Tech se retire.
"Pour moi, il n'y en a qu'une (solution) pour le moment qui serait que l'équipe Israel elle-même se rende compte que sa présence ici ne facilite pas la sécurité de toutes les autres", a-t-il estimé dans un entretien accordé à la chaîne Cadena Ser, soulignant que l'organisation n'avait pas le pouvoir d'exclure une équipe.
Israel-Premier Tech a répondu dans la soirée en rejetant totalement cette option: "Israel-Premier Tech est une équipe cycliste professionnelle et en tant que telle reste déterminée à participer à la Vuelta. Toute autre alternative créerait un précédent dangereux dans le sport cycliste non seulement pour Israel–Premier Tech mais pour toutes les équipes", a-t-elle affirmé dans un communiqué.
Ces derniers jours, des manifestations quotidiennes ont rassemblé des militants protestant contre la présence de l'équipe israélienne sur le troisième grand Tour de l'année.
Mercredi, la tension est montée d'un cran encore, alors que de nombreux manifestants arborant drapeaux et banderoles étaient massés le long de l'ultime ligne droite. Encadrés par les forces de l'ordre, plusieurs d'entre eux ont tenté de forcer les barrières avant le premier passage du peloton sur la ligne d'arrivée.
Cinq personnes ont été identifiées par la police locale, trois autres interpellées et quatre policiers ont été blessés dans les incidents, selon Bingen Zupiria, conseiller à la Sécurité du gouvernement régional basque.
Sur le plan sportif, les temps pris à trois kilomètres de l'arrivée initialement prévue ont été comptabilisés pour le classement général, toujours dominé par le Danois Jonas Vingegaard.
- "En danger" -
Mercredi, avant le départ de l'étape, plusieurs coureurs ont pointé les risques pour leur sécurité, au lendemain de la chute de Simone Petilli lors d'une manifestation similaire.
"Notre sécurité n'est plus garantie. Nous nous sentons en danger", a plaidé le coureur italien sur les réseaux sociaux.
Mercredi, la ministre espagnole de la Jeunesse Sira Rego, issue du mouvement d'extrême gauche Sumar, lui a directement répondu.
"En Palestine, plus de 63.000 personnes ne se sentent plus +en danger+ parce qu'elles ont été assassinées par Israël", a-t-elle écrit à son tour, saluant la "leçon d'humanité" donnée par la société espagnole après les incidents survenus à Bilbao.
Lors du contre-la-montre par équipes de la cinquième étape, des militants avaient déjà tenté de bloquer les coureurs de la formation israélienne à Figueras, en Catalogne.
Le directeur de la Vuelta, Javier Guillen, avait alors annoncé que les organisateurs porteraient plainte auprès de la police, qualifiant cette manifestation d'"acte de violence", une réaction que Sira Rego avait alors jugée "absolument inacceptable".
Cette dernière avait incité les organisateurs de la Vuelta à se "demander si les valeurs du Tour cycliste d'Espagne (étaient) compatibles avec la participation d'une équipe liée à un Etat qui viole le droit international, qui est en train de perpétrer un génocide".
- Une cause populaire en Espagne -
Des incidents similaires avaient eu lieu en juillet lors du Tour de France, où un militant pro-palestinien avait perturbé l'arrivée de l'étape à Toulouse, et au Tour d'Italie en mai, mais l'ampleur des manifestations sur cette Vuelta est autrement plus importante.
En Espagne, la cause palestinienne est très populaire, en particulier chez les militants de gauche, et des drapeaux palestiniens sont visibles dans de nombreuses villes, accrochés à des balcons ou brandis lors de fêtes ou de manifestations.
Le gouvernement de gauche du socialiste Pedro Sánchez a officiellement reconnu l'Etat de Palestine en mai 2024, conjointement avec l'Irlande et la Norvège, et fait du soutien sans faille à la cause palestinienne l'un des principaux axes de sa politique étrangère depuis 18 mois.
Et comme ses alliés d'extrême gauche au sein du gouvernement, il a récemment à son tour qualifié de "génocide" la situation dans le territoire palestinien de Gaza, un terme que peu de dirigeants internationaux ont jusqu'à présent utilisé.
Ses prises de position ont été saluées ces derniers mois par les pays arabes, mais lui ont valu de vives critiques du gouvernement de Benjamin Netanyahu, qui a décidé en mai 2024 de rappeler son ambassadrice en Espagne pour consultations.
A.F.Rosado--PC