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L'heure de vérité est arrivée pour les négociations à l'OMS de l'accord sur les pandémies
C'est l'heure de vérité à l'OMS où les négociations d'un accord international pour mieux protéger le monde face aux pandémies sont entrées vendredi dans leur dernière ligne droite, avec toujours l'espoir de parvenir à un consensus, cinq ans après le Covid et face à la menace du H5N1, de la rougeole et du mpox.
"Il y a de fortes chances qu'un consensus soit atteint dans les prochaines heures", a déclaré à l'AFP Michelle Childs, directrice à l'Initiative Médicaments contre les maladies négligées (DNDi).
"L'accord sur les pandémies ne sera pas parfait. Il est le fruit d'un compromis et toutes les ambitions ne seront pas satisfaites. Mais il créera une nouvelle base cruciale sur laquelle s'appuyer pour sauver des vies lors de la prochaine urgence sanitaire mondiale", a-t-elle indiqué.
La conclusion de plus trois ans de négociations à l'Organisation mondiale de la santé sur un accord de prévention et de lutte contre les pandémies survient dans un contexte de coupes drastiques dans l'aide internationale américaine.
Et le retrait des Etats-Unis de Donald Trump de l'OMS fait peser des risques sur le système de surveillance internationale des risques sanitaires, selon les experts.
En décembre 2021, les pays membres de l'OMS ont décidé de doter le monde d'un texte qui doit permettre de prévenir et de mieux gérer les pandémies, après les graves erreurs du Covid-19.
Des questions de taille ont ralenti les négociations, dont celle de la surveillance des pandémies, du transfert de technologies et du partage des données sur les agents pathogènes émergents et sur les avantages qui en découlent, à savoir les vaccins, les tests et les traitements.
En juin dernier, les pays avaient décidé de prolonger les négociations en vue d'une validation finale en mai 2025, lors de l'assemblée annuelle de l'OMS.
Au siège de l'organisation -- où se déroulent les négociations --, le sentiment d'urgence s'est fait sentir ces dernières semaines.
"La pandémie de Covid-19 peut sembler aujourd'hui un lointain souvenir, dépassé par les conflits et les bouleversements géopolitiques et économiques. Mais la prochaine pandémie n'attendra pas que les choses se calment", a prévenu lundi le directeur général de l'OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, à l'ouverture de ce dernier cycle de négociations.
"Disposer d'un plan pour faire face à la prochaine pandémie permettrait de sauver des milliers, voire des millions de vies", a aussi déclaré le directeur de l'OMS chargé des situations d'urgence sanitaire, Michael Ryan, en conférence de presse jeudi.
- "Dernière opportunité d'agir" -
Ces derniers jours, les discussions se sont resserrées sur les sujets les plus politiques.
"Les experts peuvent faire des progrès, mais au dernier moment, il faut aussi une certaine volonté politique", a indiqué à l'AFP une source diplomatique.
Jeudi, la mission chinoise auprès de l'ONU a fait état auprès de l'AFP de "progrès substantiels" avec toutefois "des divergences (qui) subsistent sur certains articles clés", appelant toutes les parties "à faire preuve de compréhension mutuelle".
ONG et experts ont aussi appelé à faire des compromis.
Ellen't Hoen, avocate pour l'ONG Medicines Law & Policy, considère qu'"il est très important de parvenir à cet accord, même si le texte n'est pas parfait".
"C'est bien plus préférable que de devoir négocier un tel accord à partir de zéro, car cela n'arrivera probablement qu'après la prochaine pandémie, et ce serait une situation inacceptable", a-t-elle dit à l'AFP.
"Cette réunion représente la dernière opportunité d'agir", a rappelé aux négociateurs l'initiative internationale Prezode, lancée par la France en 2021 et qui vise à prévenir les risques d'émergences zoonotiques et de pandémies en renforçant les coopérations avec les régions du monde les plus concernées.
"La prévention n'est pas une option ni un luxe. Elle est une condition d'équité et de sécurité sanitaire universelle", a averti l'ONG, lors des débats à l'OMS.
Le projet d'accord prévoit notamment la création d'un "Système d'accès aux agents pathogènes et de partage des avantages" (PABS en anglais).
Il propose désormais que les entreprises qui acceptent de participer à ce mécanisme donnent à l'OMS un "accès rapide" à une partie - avec un objectif fixé à 20% - de leur production de produits de santé liés à une pandémie - dont "au moins 10% en temps réel" sous forme de donations.
A.Aguiar--PC