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"Vraiment terribles": des inondations dévastatrices frappent l'Asie du Sud-Est
Les autorités indonésiennes, thaïlandaises et malaisiennes sont mobilisées jeudi pour porter secours aux habitants piégés par les inondations qui ont fait des dizaines de morts en Asie du Sud-Est au cours des derniers jours.
A Sumatra, la grande île indonésienne, le bilan des inondations et glissements de terrain est monté à 19 morts et plus de 20 disparus, a indiqué jeudi un responsable des secours.
Des pluies torrentielles se sont abattues durant plusieurs jours sur la province de Sumatra du Nord (ouest du pays), notamment sur le district de Tapanuli sud, en proie à des inondations depuis lundi.
En raison des intempéries, l'accès routier aux zones touchées a été coupé et les services de télécommunications et d'électricité sont également hors service, a déclaré Emy Freezer, responsable de l'agence nationale de recherche et de sauvetage.
Les autorités, selon lui, s'efforcent en priorité d'acheminer le matériel jusqu'aux zones isolées.
Dans la province voisine d'Aceh, à l'extrémité occidentale de l'île de Sumatra, les fortes pluies de ces derniers jours ont également provoqué des inondations et des glissements de terrain et ont entraîné l'évacuation de près de 1.500 personnes, selon l'agence locale de gestion des catastrophes.
- des inondations "vraiment terribles" -
"Ces inondations sont vraiment terribles", déclare à l'AFP Ibnu Sina, 47 ans, dont la maison à Lhokseumawe, la deuxième ville d'Aceh, a été inondée.
La principale autoroute de la région, selon lui, est désormais impraticable, paralysant complètement la région. "Les autorités régionales sont débordées".
Les intempéries ont également provoqué d'importantes inondations dans le sud de la Thaïlande, notamment à Hat Yai, près de la frontière malaisienne.
Des quartiers entiers ont été submergés, contraignant des habitants désespérés à se réfugier sur les toits. Les autorités ont annoncé mercredi que 33 personnes avaient péri dans sept provinces du sud.
Les eaux ont commencé à se retirer jeudi à Hat Yai, mais pour Kamban Wongpanya, 67 ans, le retour dans sa maison est encore impossible.
"L'eau est montée jusqu'au plafond du deuxième étage", dit-elle à l'AFP, expliquant avoir dû être secourue par bateau. Depuis le niveau de l'eau dans sa demeure "a baissé de moitié, mais la route qui y mène est encore inondée". "Je ne peux pas encore rentrer".
De nombreux habitants ont perdu leur maison et leurs moyens de subsistance dans ces inondations, qui ont débuté la semaine dernière en Thaïlande.
La région connaît actuellement sa saison de mousson annuelle. Le changement climatique engendre des épisodes de pluie plus intenses, car une atmosphère plus chaude retient davantage d'humidité, selon des scientifiques.
Le réchauffement des océans alimente également des systèmes orageux plus intenses et plus pluvieux.
- tout recommencer à zéro" -
Au début des intempéries, Chayaphol Promkleng, commerçant à Hat Yai, espérait que son magasin serait épargné, l'eau ne lui arrivait alors qu'au niveau des chevilles.
Mais dès son retour sur place le lendemain, il a constaté que l'eau dans son magasin lui arrivait jusqu'à la taille.
"Je ne pouvais rien faire. J'ai quitté le magasin pour sauver ma vie", confie-t-il.
Le gouvernement thaïlandais a annoncé récemment un plan d'indemnisation d'environ 280 dollars par foyer pour les familles sinistrées. Mais Chayaphol, lui, a tout perdu.
"Je dois tout recommencer à zéro", dit-il.
De l'autre côté de la frontière, en Malaisie, les forces de la Protection civile ont utilisé des bateaux pour évacuer les personnes âgées ou fragiles piégées dans leurs maisons à Kangar, dans l'Etat de Perlis.
Deux personnes ont déjà perdu la vie dans les inondations qui ont touché ce pays, où les autorités prévoient de fortes pluies dans les prochains jours.
Un habitant, Ali Mat Isa, a porté sa femme alitée dans les escaliers mercredi soir, alors que les eaux envahissaient leur maison.
"Je ne pouvais pas me rendre au centre d'accueil des sinistrés à cause de l'état de santé de ma femme", raconte-t-il à l'AFP tandis qu'il est aidé pour monter dans une barque flottant sur des eaux boueuses lui arrivant jusqu'à la taille.
"Le niveau de l'eau est monté très vite. Je n'ai pu emporter que du matériel électrique. Tout le reste, je l'ai laissé derrière moi", dit-il.
burs-sah/sco/sba/cel
S.Pimentel--PC