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Brigitte Macron cyberharcelée: décision attendue lundi au tribunal de Paris
Le tribunal correctionnel de Paris va rendre lundi sa décision dans le procès pour cyberharcèlement de dix personnes accusées d'avoir diffusé ou relayé sur les réseaux sociaux des insultes et rumeurs sur Brigitte Macron, liées à son genre et à son écart d'âge avec le président.
La relation entre Emmanuel Macron, 48 ans, et sa femme Brigitte, 72 ans, rencontrée lorsqu'elle enseignait le théâtre dans son lycée, fait l'objet d'une diffusion massive de fausses informations que le couple s'est finalement décidé à combattre sur le plan judiciaire en France et aux Etats-Unis.
"Moi, je me bats, à longueur de temps. Je veux aider les adolescents à se battre contre le harcèlement. Mais si je ne (...) montre pas l'exemple, ça va être difficile", a indiqué l'épouse du chef de l'Etat lors du JT de 20H00 de TF1, à la veille du délibéré.
"On ne touchera pas à ma généalogie", "on ne joue pas avec ça", a-t-elle asséné.
Des peines de trois à douze mois de prison avec sursis et des amendes pouvant atteindre 8.000 euros ont été requises contre dix personnes, âgées de 41 à 65 ans et originaires de tout le pays, lors d'un procès très médiatisé qui s'est déroulé les 27 et 28 octobre derniers à Paris.
Absente de ce procès, Brigitte Macron avait expliqué aux enquêteurs lors de dépôt de plainte fin août 2024 que la rumeur la présentant comme une femme transgenre avait eu "un très fort retentissement" sur son entourage et sur elle-même, rapportant que ses petits-enfants entendaient dire que "leur grand-mère est un homme".
Devant une salle comble, sa fille Tiphaine Auzière a confirmé l'impact de cette infox mondiale sur la santé de sa mère, "en permanence sur le qui-vive" face à la remise en cause continuelle de son "identité".
Les réquisitions les plus lourdes ont visé les prévenus jugés les plus influents sur les réseaux sociaux, qualifiés d'"instigateurs" par le procureur Hervé Tétier: l'écrivain Aurélien Poirson-Atlan, alias Zoé Sagan sur les réseaux, la médium Amandine Roy et le galeriste Bertrand Scholler.
Les sept autres ont été présentés comme des "suiveurs" qui se seraient "laissés aller" depuis "leur canapé", certains s'étant simplement contentés de relayer ou de "liker" quelques publications.
La plupart des prévenus ont exprimé leur surprise d'avoir à se justifier de posts "satiriques", invoquant la liberté d'expression ou le droit d'informer face à une vérité "cachée".
- "Devenir Brigitte" -
Sur son compte X, suspendu depuis, Zoé Sagan, 41 ans, avait qualifié les 24 ans qui séparent les époux Macron de "crime sexuel" et de "pédophilie cautionnée par l'Etat".
Le publicitaire est également connu pour avoir diffusé en 2020 des vidéos à caractère sexuel de Benjamin Griveaux, ancien ministre macroniste contraint de renoncer à se présenter à la mairie de Paris.
Amandine Roy, 51 ans, est à l'origine d'une vidéo virale de quatre heures publiée en 2021, depuis retirée, affirmant que Brigitte Macron n'aurait jamais existé et que son frère Jean-Michel aurait pris son identité après avoir changé de sexe.
Condamnée en première instance pour diffamation en septembre 2024 dans un autre procès, elle a été relaxée en appel le 10 juillet. La Première dame française, qui s'est pourvue en cassation avec son frère, avait expliqué que cette vidéo réalisée avec Natacha Rey - qui ne comparaît pas à ce procès - avait largement contribué à amplifier la rumeur.
Egalement absent de ce procès pour cyberharcèlement, le journaliste Xavier Poussard, dont le cas a finalement été disjoint car il vit à Milan, est présenté comme l'autre grand instigateur de cette infox mondiale.
Auteur du best-seller "Becoming Brigitte" ("Devenir Brigitte"), il s'est associé à l'influenceuse américaine Candace Owen contre laquelle le couple présidentiel a engagé cet été des poursuites aux Etats-Unis.
La podcasteuse conspirationniste de 36 ans a publié une série de vidéos basée sur le livre de Xavier Poussard dont la viralité a donné un écho mondial à la rumeur transphobe.
Plusieurs prévenus jugés à Paris ont relayé ses publications et notamment une couverture détournée du magazine Time présentant Mme Macron en "homme de l'année".
L.Henrique--PC