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TotalEnergies: à la raffinerie de Normandie, les carburants coulent à flots
TotalEnergies: à la raffinerie de Normandie, les carburants coulent à flots / Photo: Lou BENOIST - AFP

TotalEnergies: à la raffinerie de Normandie, les carburants coulent à flots

Quelques ouvriers du géant pétrogazier TotalEnergies s'affairent à mi-hauteur d'une tour de métal d'une quarantaine de mètres: près de la Manche, au coeur de la raffinerie de Normandie, la plus grande de France, la production de carburants tourne à plein régime, en dépit de la guerre au Moyen-Orient.

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"On est sur l'unité d'hydrocraquage, une unité de conversion qui va nous permettre de maximiser la production de diesel et de kérosène pour les carburants routiers et de l'aviation", explique à l'AFP Elise Thomazo, responsable de la division technique de la raffinerie, casque sur la tête.

Après distillation du pétrole brut, cet ensemble de tours, qui contribue généreusement aux 40.000 kilomètres de tuyaux qui parcourent le site de 360 hectares, abrite des pompes, des compresseurs, qui dans un vrombissement continu, séparent les molécules et notamment "les essences du gazole et du kérosène", précise Adlene Terkmani, responsable des opérations d'une unité de conversion de ces molécules, également casqué.

Tout autour, des dizaines de "bacs", réservoirs circulaires gigantesques, des plus foncés, en noir, qui accueillent le pétrole brut, mais également les produits les plus "lourds" comme le bitume, aux plus clairs, où sont stockés les produits les plus "légers", comme les essences.

Si la raffinerie est conçue pour produire traditionnellement une part importante de diesel et de kérosène, depuis le début de la guerre, les équipes s'efforcent "d'optimiser" la production et d'augmenter un peu les ratios de ces produits pour lesquels la France est largement déficitaire (à 50% de sa consommation pour le gazole, notamment), indique Mme Thomazo.

- Un peu plus de diesel et de kérosène -

Mais, prévient-elle aussitôt, "dans tous les cas, ça ne dépasse pas 5%" de production supplémentaire pour ces produits, expédiés majoritairement (72%) par oléoduc vers les aéroports de Roissy et Orly pour les carburants d'aviation et vers les dépôts de carburant d'Ile-de-France, en ce qui concerne les carburants routiers.

Avant toutes ces opérations, le pétrole brut arrive par navire au port voisin du Havre, d'où il est expédié vers la raffinerie, également par oléoduc.

Avant la guerre, la raffinerie recevait "environ 20%" de son or noir du Golfe, des approvisionnements reportés sur les Etats-Unis, l'Europe et l'Afrique, selon François Bourrasse, tout nouveau directeur du site.

En matière d'approvisionnement, "on n'a pas de crainte particulière", assure M. Bourrasse, qui indique que la raffinerie est couverte "pour les prochaines semaines, pour le prochain mois": "nous sommes déjà en train de travailler sur les approvisionnements des semaines suivantes, plutôt vers juin, c'est un rythme classique de travail pour l'approvisionnement de notre cycle".

Du fait de cette tension sur le marché mondial provoquée par le conflit au Moyen-Orient, les marges du raffinage "se sont redressées, c'est clair", indique-t-il, avant de rappeler qu'elles étaient encore récemment en berne en Europe et d'inviter à considérer les choses sur le long terme.

La plateforme, qui transforme chaque année quelque 12 millions de tonnes de pétrole brut, assure la production d'environ 12% des carburants vendus dans les stations-service de France, mais également 11% des plastiques produits en France.

Ferreira--PC