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Malgré les appels au calme, Belfast craint une nouvelle nuit de violences
Malgré les appels au calme, Belfast craint une nouvelle nuit de violences / Photo: Paul Faith - AFP

Malgré les appels au calme, Belfast craint une nouvelle nuit de violences

Rues désertées, commerces fermés, renforts de police: Belfast redoute mercredi de nouvelles violences au lendemain d'émeutes anti-immigrés qui ont secoué la capitale nord-irlandaise, déclenchées après une attaque au couteau pour laquelle un réfugié soudanais a été inculpé.

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La victime de cette agression, un homme d'une quarantaine d'années identifié comme Stephen Ogilvie, a perdu un oeil et a été hospitalisée. Sa famille a lancé un appel au calme.

Le Premier ministre britannique Keir Starmer a dénoncé les violences "choquantes et complètement inacceptables" qui se sont déroulées à Belfast. "Il est clair que des personnes ont été ciblées la nuit dernière en raison de leur origine et je ne le tolérerai pas", a ajouté le dirigeant.

Mardi soir, des centaines de personnes se sont rassemblées à plusieurs endroits de Belfast, principalement dans des zones loyalistes à majorité protestante.

Visages masqués, certaines ont incendié des bus et des véhicules, et mis le feu à des habitations, ciblant notamment celles où vivaient des personnes d'origine étrangère et obligeant les pompiers à en évacuer les résidents.

Les appels à manifester avaient été relayés par des figures d'extrême droite, notamment le militant Tommy Robinson - de son vrai nom Stephen Yaxley-Lennon - et par le milliardaire américain Elon Musk.

Mercredi matin, des habitants étaient choqués dans les quartiers touchés par les émeutes, où des véhicules étaient calcinés et où des débris jonchaient les rues.

"C'est terrifiant", raconte Anselme Shima, arrivé en 2013 de République démocratique du Congo. "J'ai deux enfants à la maison et ce matin je me demande: +est-ce que je dois les emmener à l'école?+", dit-il, inquiet.

- Rues désertes -

A 17H00 locales, alors qu'une pluie fine tombait sur la ville, la tension restait palpable: de nombreux magasins et restaurants avaient baissé le rideau, les rues du centre ville ayant été désertées, a constaté l'AFP.

Des graffitis à caractère islamophobe s'affichaient aussi sur plusieurs murs et rideaux métalliques de commerces du quartier où un bus avait été incendié la veille.

Face à la crainte de nouveaux débordements, des établissements scolaires ont libéré leurs élèves dès la mi-journée, tandis que l'opérateur public des transports a annoncé que ses bus et trains achèveraient leur service plus tôt.

Le chef de la police nord-irlandaise, Jon Boutcher, a annoncé la mobilisation d'effectifs supplémentaires. Des renforts du reste du Royaume-Uni devraient arriver jeudi.

A ce stade, trois arrestations ont eu lieu et "d'autres suivront", a annoncé le secrétaire d'Etat britannique en charge de la Sécurité, Dan Jarvis.

Ces violences ont été déclenchées après la propagation d'une vidéo de l'attaque au couteau survenue lundi, qui montrait l'assaillant, assis sur un homme à terre, en sang, lui portant des coups.

- "Racisme" -

La ministre nord-irlandaise de l'Intérieur, Naomi Long, a dénoncé le "racisme" derrière les violences et accusé ceux qui, sur les réseaux sociaux, "ont instrumentalisé la peur légitime que les gens ressentent face aux événements".

Le suspect de l'attaque, Hadi Alodid, un Soudanais âgé de 30 ans, a comparu mercredi matin devant un juge à Belfast. Inculpé notamment de tentative de meurtre, il a refusé la présence d'un avocat et était accompagné d'un interprète arabophone.

A l'issue de l'audience, il a été maintenu en détention jusqu'à une prochaine comparution prévue le 8 juillet.

Ses motivations restent floues mais la police nord-irlandaise a écarté à ce stade la piste terroriste.

- Paris, Dublin, Belfast -

Arrivé en 2023 en Irlande du Nord, il avait le statut de réfugié, avec un titre de séjour valide jusqu'en 2028, selon le ministère de l'Intérieur.

Il était arrivé au Royaume-Uni depuis la République d'Irlande, après être venu de Paris, ce qui a poussé certains députés à réclamer mercredi une révision des règles de libre circulation entre l'Irlande et l'Irlande du Nord.

Des personnalités des partis d'extrême droite Reform UK de Nigel Farage, ou de Restore Britain, dirigé par Rupert Lowe, ont aussi mis en cause les politiques migratoires du gouvernement travailliste et de ses prédécesseurs conservateurs.

De violentes manifestations anti-immigrés ont secoué l'Irlande du Nord ces deux dernières années, notamment en juin 2025 et à l'été 2024, ainsi que d'autres endroits du Royaume-Uni.

Des rassemblements ont également eu lieu mardi soir à Glasgow et Edimbourg en Ecosse, ou encore à Southampton.

A Glasgow, trois hommes ont été arrêtés et inculpés à la suite de violences, au cours desquelles des gens ont été "attaqués à cause de la couleur de leur peau" selon la police.

Des fidèles ont dû être enfermés dans la Mosquée centrale de Glasgow par mesure de sécurité alors que des manifestants se dirigeaient vers ce lieu de culte, selon le dirigeant du Parti travailliste écossais, Anas Sarwar.

Southampton (sud de l'Angleterre) a été le théâtre il y a une semaine d'une manifestation émaillée de violences, pour dénoncer la gestion par la police locale du meurtre en décembre d'un étudiant blanc, Henry Nowak, par un jeune homme sikh.

pmu-aks-mhc-adm/pcl

G.M.Castelo--PC