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En Hongrie, majorité et opposition mobilisent leurs soutiens dans la rue
Des dizaines de milliers de Hongrois se sont rassemblés jeudi à Budapest lors de manifestations rivales du gouvernement et de l'opposition, chacun cherchant à mobiliser ses soutiens, à six mois de législatives qui s'annoncent disputées.
Le nationaliste Viktor Orban, 61 ans, fait face à la concurrence de l'opposition la plus dangereuse pour lui, depuis quinze ans qu'il est au pouvoir comme Premier ministre.
Le chef de l'opposition, le conservateur Peter Magyar, 44 ans, fait campagne contre ce qu'il appelle l'élite politique "corrompue" de ce pays de 9,6 millions d'habitants, situé au coeur de l'Europe.
M. Orban, qui entretient des liens avec les présidents américain Donald Trump et russe Vladimir Poutine, s'est posé en protecteur face à la guerre et s'est réjoui de voir le président américain proposer récemment un sommet avec son homologue russe à Budapest.
Il a accusé Bruxelles, à la fin de sa "marche pour la paix", d'entraver la "mission" du locataire de la Maison Blanche pour obtenir un cessez-le-feu en Ukraine.
"Bruxelles a décidé de faire la guerre", a déclaré le dirigeant face à ses partisans brandissant des drapeaux hongrois au pied du parlement. "Si Bruxelles n'entravait pas le président américain, la guerre serait déjà terminée", a-t-il ajouté.
Il a accusé ses opposants de "soutenir la guerre en soutenant un changement de gouvernement", alors que dans la foule, une banderole affichait le slogan "Nous ne voulons pas mourir pour l'Ukraine".
"Je soutiens vraiment la tenue de ce sommet pour la paix", a affirmé à l'AFP Istvanne Ambrozi, une retraitée de 72 ans." Je suis convaincue que tout s'y passera bien".
- "Changement de système" -
Viktor Orban a l'habitude d'organiser de tels rassemblements, qu'il avait baptisés "marches pour la paix" bien avant l'invasion russe de l'Ukraine en 2022.
Cette fois, la manifestation a lieu le jour de la fête nationale commémorant le Soulèvement de 1956 contre le joug soviétique, alors écrasé dans le sang par les troupes du Kremlin.
Peter Magyar, qui a avait durci sa position contre la Russie ses derniers mois, organise un défilé concurrent, appelé "marche nationale".
Il a aussi réussi à faire venir des dizaines de milliers de personnes à Budapest, défilant derrière une banderole appelant à un "changement de système".
Il s'adressera à l'assemblée plus tard dans la journée, sur la place des Héros.
Son parti, Tisza, est actuellement placé en tête des intentions de vote, selon la plupart des sondages.
Mais l'annonce la semaine dernière du choix de Budapest par Donald Trump pour un sommet avec son homologue russe Vladimir Poutine a redonné des couleurs à M. Orban.
Car si un tel sommet a finalement été repoussé sine die par Donald Trump, sa proposition a virtuellement placé la capitale hongroise au centre de la diplomatie mondiale, au bénéfice de ce soutien indéfectible du locataire de la Maison Blanche.
M. Orban, dont le pays est membre de l'Otan et de l'UE, doit partir jeudi pour un sommet européen à Bruxelles où il affrontera ses homologues de l'UE sur la question du soutien à l'Ukraine.
Sa formule "pour la paix" est, selon Agoston Mraz, directeur de l'institut de réflexion Nezopont, soutenue par les Hongrois "bien au-delà de sa base" et le fait apparaître comme un modérateur.
Même l'opposition a été obligée d'accueillir favorablement l'annonce du potentiel rendez-vous, tout en avertissant qu'une paix "véritable" n'était envisageable qu'en invitant l'Ukraine à la table des négociations.
S.Pimentel--PC