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Corée du Sud: premier verdict attendu pour l'ex-président Yoon
Un tribunal sud-coréen rend vendredi son verdict sur les accusations d'entrave à la justice visant l'ex-président Yoon Suk Yeol, première décision pénale d'une série à venir à la suite de sa tentative d'instaurer la loi martiale fin 2024.
Un peu plus d'un an après son coup de force contre le Parlement, qui a provoqué une grave crise politique aboutissant à sa destitution, c'est l'heure des comptes pour l'ancien dirigeant conservateur de 65 ans.
Lui-même un ancien procureur star, il est jugé dans le cadre de multiples procès, dont le principal, pour insurrection, pourrait se conclure par une condamnation à la peine de mort.
Dans l'immédiat, le tribunal central de Séoul se prononce vendredi, à partir de 14H00 (05H00 GMT), sur un autre volet de l'affaire qui a plongé le pays dans plusieurs mois de manifestations massives et d'instabilité politique.
Il lui est reproché d'avoir exclu des membres du gouvernement d'une réunion sur la préparation de l'instauration de la loi martiale, ainsi que d'avoir empêché les enquêteurs de l'arrêter.
L'ancien président s'était retranché pendant des semaines dans sa résidence de Séoul sous la protection de sa garde rapprochée, faisant même échouer un premier raid.
Il avait finalement été interpellé en janvier de l'année dernière lors d'un assaut musclé durant plusieurs heures. Il était devenu alors le premier président sud-coréen en exercice à être arrêté et placé derrière les barreaux.
- Parlement cerné -
A l'origine de cette crise, la soirée du 3 décembre 2024, quand Yoon Suk Yeol avait sidéré le pays en annonçant à la télévision l'imposition de la loi martiale, envoyant des troupes au Parlement pour le museler.
Il avait fait marche arrière quelques heures plus tard, un nombre suffisant de députés ayant réussi à se faufiler dans l'hémicycle cerné par les soldats pour voter la suspension de son décret.
M. Yoon avait justifié la loi martiale, une mesure sans précédent en Corée du Sud depuis les dictatures militaires des années 1980, par le fait que le Parlement contrôlé par l'opposition bloquait le budget.
Dans son allocution télévisée, il avait affirmé agir pour protéger le pays des "forces communistes nord-coréennes" et "éliminer les éléments hostiles à l'Etat".
Il a finalement été destitué par la Cour constitutionnelle en avril dernier, déclenchant une présidentielle anticipé remportée par Lee Jae Myung, issu de l'opposition de gauche.
L'affaire se poursuit devant les tribunaux pour l'ex-dirigeant et son entourage et les procureurs ont requis une peine de dix ans d'emprisonnement pour les accusations d'entrave à la justice pour lesquelles M. Yoon sera fixé vendredi.
Dans son procès, distinct, pour insurrection, le parquet a demandé mardi la peine de mort, toujours en vigueur en Corée du Sud, même si aucune exécution n'a eu lieu depuis 1997.
Le verdict est attendu le 19 février.
Dans sa dernière déclaration avant la mise en délibéré, l'ancien président a affirmé avoir simplement fait usage de ses prérogatives légales de chef de l'Etat.
"Il ne s'agissait pas d'une dictature militaire réprimant les citoyens, mais d'un effort pour sauvegarder la liberté et la souveraineté, et pour renforcer l'ordre constitutionnel", a-t-il dit selon l'agence de presse Yonhap.
Dans une autre procédure, l'ex-président est accusé par le parquet d'avoir provoqué la Corée du Nord en ordonnant l'envoi de drones au-dessus de Pyongyang dans l'espoir de déclencher une réaction du pays voisin qui aurait justifié l'imposition de la loi martiale.
A.Santos--PC