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Nouveaux pourparlers irano-américains jeudi malgré la peur de frappes
L'Iran et les Etats-Unis doivent reprendre jeudi leurs pourparlers, a annoncé dimanche le médiateur omanais, Téhéran estimant qu'il y avait de "bonnes chances" de parvenir à un accord tout en se réservant le droit de "se défendre" en cas d'attaque.
Alors que Donald Trump a ordonné un déploiement naval et aérien massif dans la région, la guerre est dans tous les esprits à Téhéran.
C'est dans ce climat belliqueux que les discussions vont reprendre jeudi à Genève, selon le ministre omanais des Affaires étrangères Badr al-Busaidi, qui a fait état d'"une volonté positive de faire le pas supplémentaire pour finaliser l'accord".
Les deux pays ennemis ont tenu depuis début février deux sessions pour tenter de régler leurs différends, portant notamment sur le programme nucléaire iranien, qui empoisonne de longue date leurs relations.
- "Première version" -
Mais Donald Trump a prévenu: le temps presse et il s'est donné jeudi un délai de "dix" à "quinze jours" pour prendre une décision.
Malgré ce nouvel avertissement, le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, estime qu'il existe "de bonnes chances de parvenir à une solution diplomatique sur un mode gagnant-gagnant".
"Nous poursuivons nos négociations, tout en travaillant sur les éléments d'un accord et sur une première version du texte", a déclaré le ministre sur la chaîne américaine CBS.
Selon le média Axios, citant un haut responsable américain anoynme, la délégation de Washington, menée par l'émissaire spécial Steve Witkoff et le gendre de Donald Trump, Jared Kushner, attend de recevoir "une proposition iranienne détaillée dans les 48 prochaines heures".
Washington n'a pas confirmé la tenue de négociations jeudi en Suisse.
- Multiples scénarios -
"Nous continuons de surveiller de près les actions américaines et avons pris toutes les dispositions nécessaires pour faire face à n'importe quel scénario", a déclaré sur X le président iranien Massoud Pezeshkian, saluant dans le même temps "des échanges de propositions concrètes et des signaux encourageants".
Les précédentes discussions entre les deux pays, indirectes, avaient été stoppées net en juin 2025 par la guerre déclenchée par Israël contre l'Iran, à laquelle s'étaient associés les Etats-Unis.
Le président américain assure avoir "anéanti" le programme nucléaire iranien dans ces bombardements - même si l'étendue exacte des dégâts n'est pas connue.
Alors que cherche-t-il cette fois? Frappes chirurgicales visant les Gardiens de la Révolution, piliers du pouvoir iranien, ou encore le programme de missiles, voire renversement du pouvoir: il dispose de multiples options aux conséquences potentiellement déstabilisatrices pour la région.
En cas de nouvelle attaque, l'Iran a "le droit de se défendre", a averti le ministre Araghchi: face à un "acte d'agression", toute réponse est, selon lui, "justifiée et légitime".
"Nos missiles ne peuvent pas atteindre le sol américain. Nous devons donc manifestement trouver une autre solution (...) et frapper la base américaine dans la région", a répété M. Araghchi, sans préciser laquelle.
- Nouveaux slogans anti-pouvoir -
L'Iran, en quête d'un allègement des sanctions internationales asphyxiant son économie, assure vouloir un accord "rapide".
Si le président américain souhaite "zéro enrichissement" d'uranium sur le sol iranien - question au coeur de la discorde - Washington examine d'après Axios la possibilité d'autoriser "un enrichissement symbolique et limité", qui ne lui permettrait pas de développer l'arme nucléaire.
"En tant que pays souverain, nous avons pleinement le droit de décider pour nous-mêmes", a déclaré le chef de la diplomatie iranienne. "Nous avons développé cette technologie par nous-mêmes, grâce à nos scientifiques, et elle nous tient à coeur".
Les Occidentaux craignent que l'Iran ne se dote de la bombe atomique, quand Téhéran plaide pour le développement du nucléaire civil.
Ces nouvelles tensions entre Washington et Téhéran sont apparues après la répression d'un vaste mouvement de contestation en Iran. Donald Trump avait alors promis de venir "en aide" au peuple iranien.
Pour la première fois depuis ces manifestations, des slogans appelant à la mort du guide suprême iranien, Ali Khamenei, ont de nouveau retenti cette semaine dans plusieurs villes d'Iran.
Dimanche, des étudiants partisans et adversaires du pouvoir se sont fait face pour la deuxième journée consécutive, lors de rassemblements en hommage aux manifestants tués.
G.M.Castelo--PC