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Affaire Epstein: devant le Congrès, Bill Gates assure "n'avoir jamais fait du mal à quiconque"
Bill Gates a démenti mercredi toute implication dans les crimes de Jeffrey Epstein, devant une commission du Congrès américain qui enquête sur cette affaire et entend à huis clos le milliardaire sur ses liens d'amitié avec le criminel sexuel.
"Je veux l'exprimer très clairement: je n'ai jamais été témoin ou eu aucune indication qu'Epstein se livrait à une activité criminelle en cours", a dit le cofondateur de Microsoft dans ses propos introductifs devant les parlementaires, publiés sur son site GatesNotes.
"Je n'ai jamais fait de mal à quiconque", a assuré le milliardaire, qui affirme que si Jeffrey Epstein avait bien tenté de "nourrir une relation personnelle" avec lui, cela ne l'avait jamais intéressé.
"Je ne suis jamais allé sur son île, dans son ranch, ou dans sa maison de Floride", a-t-il affirmé.
Peu avant, à son arrivée au Capitole à Washington, Bill Gates avait dit "espérer que (s)on témoignage aiderait le travail important de cette commission pour rendre justice aux victimes" de Jeffrey Epstein, décédé en prison en 2019 avant son procès pour crimes sexuels.
Au moment de sa mort, il était notamment accusé d'avoir fait venir des mineures sur l'île qu'il possédait dans les îles Vierges américaines, à des fins de trafic sexuel.
Le président de la commission d'enquête, le député républicain James Comer, a affirmé avant l'audition que les membres voulaient en savoir plus sur la relation de M. Gates avec le criminel sexuel et sa complice Ghislaine Maxwell, qui purge une peine de 20 ans de prison aux Etats-Unis.
"Qu'a-t-il vu? Savait-il ce qui se passait? Etait-il impliqué dans tout cela?", a résumé l'élu devant la presse.
- "Personne n'accuse Bill Gates" -
Fin février, Bill Gates avait déclaré selon le Wall Street Journal que ses liens avec Jeffrey Epstein étaient une "énorme erreur", admettant devant les membres de sa fondation avoir eu des relations extraconjugales avec deux femmes russes mais niant toute implication dans les agissements de l'ex-financier.
"Personne n'accuse Bill Gates d'un quelconque fait répréhensible", a dit James Comer, qui souligne que le milliardaire est "venu volontairement" au Capitole.
M. Gates affirme que sa relation avec Jeffrey Epstein a commencé en 2011, soit trois ans après que l'ex-financier avait plaidé coupable pour des faits de prostitution impliquant des mineures.
Un brouillon de courrier électronique de Jeffrey Epstein, publié par le ministère américain de la Justice dans la masse de documents provenant du dossier du même nom, évoque des relations extraconjugales de Bill Gates.
Dans ce message qui ne semble pas avoir été envoyé, Jeffrey Epstein se targue notamment d'avoir aidé "Bill" à se procurer des médicaments pour "remédier aux conséquences de relations sexuelles avec des filles russes".
Ce brouillon devait être "évoqué dès la première heure" de l'audition, a affirmé James Comer.
- Transparence -
La simple mention du nom d'une personne dans le dossier Epstein ne suppose aucun acte répréhensible a priori. Mais ces documents montrent à tout le moins des liens entre le criminel sexuel ou son entourage et certaines personnalités qui ont souvent minimisé, voire nié, l'existence de tels rapports.
Plusieurs personnalités politiques américaines ont déjà témoigné devant la commission d'enquête parlementaire, notamment l'ancien président démocrate Bill Clinton et l'actuel ministre du Commerce, Howard Lutnick.
Bill Clinton avait alors assuré n'avoir eu "aucune idée des crimes" sexuels de son ancien ami.
Pam Bondi, ex-ministre américaine de la Justice, avait défendu fin mai devant la commission d'enquête la gestion par le gouvernement Trump de cette affaire hautement sensible.
La controverse autour de la publication des documents du dossier Epstein poursuit Donald Trump depuis le début de son second mandat. Le républicain avait appelé l'an dernier ses partisans à passer à autre chose alors même que les demandes de transparence se faisaient de plus en plus pressantes.
Le ministère de la Justice assure avoir publié tous les documents qu'il était légalement contraint de rendre publics.
Selon James Comer, la commission va tenter de faire témoigner en juillet Todd Blanche, le remplaçant de Pam Bondi au ministère de la Justice.
T.Batista--PC