-
Colombie: une sénatrice séquestrée et le président ciblé avant les élections
-
JO: Malinin file tout droit vers l'or, Siao Him Fa 3e après le programme court de patinage
-
Le ministre Lutnick reconnaît un déjeuner sur l'île d'Epstein et garde le soutien de Trump
-
Enlèvement de la mère d'une journaliste télé: le FBI publie les images d'un individu masqué
-
Wall Street sans direction claire, patiente avant des données économiques
-
L'affaire Epstein tourne au bourbier pour le patron des JO de Los Angeles
-
Trump va abroger un texte fondateur des règlementations climatiques américaines
-
Trump va abroger le fondement des règlementations climatiques américaines
-
Importante mobilisation à Ubisoft, plusieurs centaines de salariés en grève
-
Après l'Arménie, le vice-président américain JD Vance est en Azerbaïdjan pour consolider l'accord de paix
-
A Ryad, le prince William rencontre des jeunes footballeuses saoudiennes
-
La Bourse de Paris clôture en toute petite hausse, portée par Kering
-
A Cuba, charbon de bois et panneaux solaires pour affronter la crise énergétique
-
Bourses européennes: Paris quasi stable (+0,06%), Londres (-0,31%) et Francfort (-0,11%) en légère baisse
-
Des responsables de l'immigration de Trump auditionnés au Congrès
-
L'euro numérique prend corps et veut concurrencer Visa et Mastercard
-
Bangladesh: candidat au poste de Premier ministre, Tarique Rahman s'attend à un défi "énorme"
-
Ribéry et les "fausses informations": nouvelle réplique du séisme Epstein en France
-
A Gaza, boxer dans le sable pour soigner le traumatisme de la guerre
-
Jugé pour viols, le fils de la princesse de Norvège nie que sa 2e victime présumée était endormie
-
Starmer a sauvé sa tête et affiche l'"unité" de son gouvernement, mais jusqu'à quand?
-
Le départ de Sophie Adenot pour l'ISS repoussé à vendredi au plus tôt pour cause de mauvaise météo (Nasa)
-
Gymnastique: des "Farfalle" italiennes vont témoigner contre leur ex-coach au tribunal
-
Les eurodéputés soutiennent la création de l'euro numérique
-
JO-2026: les inattendues Rädler-Huber en or, Shiffrin craque encore
-
Un septuagénaire écroué pour viols et agressions sexuelles sur 89 mineurs, et deux meurtres
-
Wall Street en hausse, prête à accueillir l'emploi américain
-
JO: le biathlète Éric Perrot médaillé d'argent sur l'individuel, derrière le Norvégien Johan-Olav Botn
-
JO: Klaebo au 7e ciel, les Bleus tombent de haut
-
En Ukraine, dans une centrale bombardée: "c'est notre vie" qu'ils frappent
-
JO: énorme déception pour les fondeurs français, éliminés en quarts du sprint
-
Au Sri Lanka, l'artisanat du sucre de palme à l'honneur
-
La Russie annonce des restrictions sur l'utilisation de Telegram au motif d'une "violation" de la loi
-
JO: sur la route de Milan, le chemin tumultueux de Cizeron et Fournier Beaudry
-
Norvège: une victime présumée décrit "le pire cauchemar" face à Høiby, jugé pour viols
-
Un barrage face aux algorithmes: le succès des applications de "déconnexion"
-
Spotify porté par la hausse de 11% du nombre d'utilisateurs actifs au 4e trimestre
-
Laits infantiles : nouvelle plainte en préparation à Paris pour 24 familles
-
Macron à Dunkerque où ArcelorMittal confirme un projet de décarbonation
-
"C'est la dégringolade": journée de grève chez Ubisoft, en pleine restructuration
-
Netanyahu à Washington pour convaincre Trump d'adopter une ligne plus dure face à l'Iran
-
La Sagrada Familia de Barcelone bientôt au firmament, mais loin d'être achevée
-
Maintenance de moteurs: Ryanair et Safran signent un accord de plusieurs milliards de dollars
-
Au Groenland, le réchauffement climatique menace les pratiques ancestrales
-
A Ryad, le prince William rencontre des footballeuses saoudiennes
-
La moitié des coraux blanchis lors du dernier épisode de 2014-17, selon une étude
-
Législatives au Japon: le parti de Takaichi remporte la majorité des deux tiers
-
OpenAI a commencé à tester la publicité dans ChatGPT
-
Le "Château Sourire" à Marseille, du sport et des copains pour les enfants touchés par un cancer
-
Ski: "la vie est trop courte pour ne pas prendre de risques", le testament sportif de Lindsey Vonn
En Tunisie, "l'oasis de la révolution" veut garder son modèle inédit d'autogestion
"La situation est bien meilleure qu'avant": depuis que les habitants de Jemna ont arraché à l'Etat, lors de la révolution tunisienne de 2011, le contrôle de leur palmeraie et un modèle d'autogestion inédit, Abdelbasset Abed a décroché "un travail stable" et vu l'oasis se transformer radicalement.
Il est l'un des environ 50 employés fixes de l'Association de Sauvegarde des Oasis de Jemna (ASOJ) qui exploite, dans cette localité de 8.000 habitants aux portes du Sahara, une palmeraie centenaire produisant la fameuse variété de dattes "Deglet Nour".
En retirant les branchages secs d'un palmier, M. Abed, 57 ans, se dit reconnaissant à l'ASOJ d'avoir "créé beaucoup d'activités et de dynamisme dans la région". En période de récolte, les 12.000 dattiers donnent du travail à 160 personnes, 10 fois plus qu'avant l'autogestion dont deux tiers de saisonniers.
Sur 15 ans, l'exploitation des dattes a rapporté près de 14 millions de dinars (4 millions d'euros) à l'ASOJ, intégralement réinjectés dans 185 hectares de palmiers et au profit des habitants d'une région marginalisée et pauvre en infrastructures.
La liste des "bienfaits" de l'ASOJ est longue: un marché, un terrain de sport, des salles informatiques pour les écoles, des fonds pour les ONG locales dont l'UTAIM, une association pour enfants handicapés qui a reçu 50 palmiers comme source de financement stable.
"Ils aident même les étudiants après le bac avec des bourses", note M. Abed, pendant que d'autres travailleurs pollinisent les palmiers en grimpant agilement dans les arbres.
"Même les morts bénéficient de l'ASOJ. On a aménagé dans le cimetière un endroit où s'asseoir pour présenter les condoléances aux familles", souligne Tahar Ettahri, le président de l'ASOJ.
- De haute lutte -
Tous ces avantages, les Jemniens les ont acquis de haute lutte.
Deux jours avant la chute du dictateur Zine El Abidine Ben Ali, le 14 janvier 2011, ils ont pris le contrôle de la palmeraie, louée à vil prix à deux exploitants proches du régime.
"Les jeunes de Jemna ont décidé de récupérer les terres de leurs ancêtres", explique Tahar Ettahri, déplorant des spoliations démarrées avec la colonisation française.
Face aux blindés envoyés par le gouverneur régional pour récupérer l'exploitation, les Jemniens ont résisté par un sit-in pacifique de 96 jours.
Au démarrage de l'autogestion, une collecte de 34.000 dinars (10.000 euros) auprès de 832 contributeurs et un prêt ont financé la première année de pollinisation, irrigation et récolte.
Syndicalistes, militants politiques, simples citoyens, "on s'est réunis avec pour objectif le bien-être de notre communauté. Issus d'horizons divers idéologiquement, notre intérêt pour Jemna nous a unis, c'est peut-être pour ça qu'on a réussi", analyse M. Ettahri.
Jemna est devenue un cas d'école: le sociologue Mohamed Kerrou décrit dans "Jemna, l'oasis de la révolution" ce rare succès du soulèvement populaire et idéaliste de 2011 qui fut à l'origine du "Printemps arabe".
Une explication vient du passé d'une oasis qui a donné nombre de penseurs au pays, avec pour valeur séculaire la justice sociale et un sens aigu de l'intérêt collectif. Il y a "une +agora de Jemna+, une place publique où on donne un micro aux gens. On opère un petit sondage et on choisit la solution" du plus grand nombre, souligne M. Ettahri.
- "La solidarité et le social" -
Malgré sa réussite - des recettes record de 1,8 million de dinars (600.000 euros) dès la quatrième d'année d'autogestion -, Jemna a dû ferrailler contre tous les gouvernements de l'après-révolution pour conserver son modèle "basé sur la solidarité et le social", regrette M. Ettahri.
Et 15 ans plus tard, les habitants attendent toujours de "régler le problème juridiquement avec l'Etat pour normaliser la vie de la palmeraie", note-t-il.
Ce n'est pas une lutte contre l'Etat, explique l'ex-syndicaliste. Au contraire, les habitants demandent depuis le début d'être locataires de la palmeraie, se disant prêts à verser 15 ans d'arriérés.
Pour s'adapter à un décret du président Kais Saied instaurant des "entreprises citoyennes", qui a cité Jemna en exemple, l'ASOJ a constitué une "société communautaire". Mais de 334 membres au lieu du minimum légal de 50.
"C'est beaucoup d'adhérents mais l'idée est de représenter sociologiquement la palette des habitants, du contremaître au paysan", souligne M. Ettahri, insistant aussi sur leur volonté de rester bénévoles.
Sans manquer d'ambition puisqu'ils comptent "lancer une usine de tri et emballage des dattes pour employer à l'année une centaine de femmes", selon M. Ettahri.
A 72 ans, l'enseignant retraité sept fois grand-père s'est mis en retrait. Même s'il reste à la tête de l'ASOJ, un peu comme une vigie.
S.Caetano--PC