-
La Coupe du monde d'esport, plus gros événement du genre, pour la première fois à Paris cet été
-
Tuer des loups dans les réserves naturelles ? Les ONG vent debout
-
Climat: le pire des scénarios écarté, mais le meilleur aussi
-
Crédit immobilier: la menace du taux d'usure refait surface
-
Poutine à Pékin: l'essentiel de son sommet avec Xi
-
Des pays européens fustigent le traitement par Israël d'une flottille pour Gaza
-
Israël: Netanyahu sous pression après un vote ouvrant la voie à des législatives anticipées
-
Un "homme-poisson" descend l'Amazone contre la pollution
-
L'acteur Kevin Spacey, boycotté par Hollywood, monte les marches du festival de Cannes
-
Les Etats-Unis augmentent leur pression sur Cuba en inculpant Raul Castro
-
Le ballet des fraises à neige pour rouvrir le col du Galibier
-
La justice américaine inculpe l'ex-président cubain Raul Castro
-
Un ex-agent autrichien du renseignement condamné pour espionnage au profit de la Russie
-
Claire Thoury prend la tête d'un Conseil économique, social et environnemental contesté
-
Pour l'Iran, les Etats-Unis veulent "déclencher une nouvelle guerre"
-
La Bourse de Paris termine en nette hausse, gagnée par l'optimisme
-
Vaccination en collège contre le papillomavirus: 13 recommandations pour lever plusieurs "freins"
-
Des immigrés qui tombent dans l'irrégularité et peinent à se loger
-
Barney Frank, pionnier des droits LGBT+ au Congrès américain, est mort
-
Ubisoft paye la facture de sa réorganisation avec une perte record sur son exercice 2025-2026
-
Tour d'Italie: et de trois pour Narvaez
-
Selfies, caramels "Melody" et commerce : Narendra Modi en visite en Italie
-
"Flottille pour Gaza": un ministre d'extrême droite choque avec une vidéo de militants à genoux et mains liées
-
Corée du Sud: la grève à Samsung suspendue in extremis après d'ultimes négociations
-
Claire Thoury, une militante associative à la tête du Cese
-
Les Etats-Unis appellent les Cubains à choisir "une nouvelle voie"
-
A Varsovie, Peter Magyar vante la voie européenne de la Pologne
-
NBA: les Spurs de Wembanyama de retour à Paris en 2027
-
Wall Street ouvre en hausse, surveille le marché obligataire et Nvidia
-
Avion de combat: le Scaf doit être repensé à l'aune de la guerre en Ukraine, estime Airbus
-
Ingérence numérique étrangère visant LFI: "Une action judiciaire est engagée", annonce Nuñez
-
Faute de 610 millions de dollars, l'aide aux réfugiés Rohingyas menacée
-
L'acteur américano-cubain Andy Garcia rêve d'un Cuba "libre de toute répression"
-
Commerzbank : front du refus contre l'offre hostile d'UniCredit
-
Concerts annulés, nouvelles plaintes: la pression s'accentue sur Patrick Bruel
-
A Vilnius, dirigeants et population à l’abri pour la première fois après une alerte au drone
-
Ebola: l'OMS évoque un risque "élevé" en Afrique centrale, mais "faible" au niveau mondial
-
A Beyrouth, la quête de justice pour des victimes des frappes israéliennes du "mercredi noir"
-
Pêcheurs de plastique: le fleuve Congo victime de la pollution en RDC
-
L'Iran promet une guerre au-delà du Moyen-Orient si Trump décide d'attaquer
-
Soupçon de faux témoignage sur les crèches: non-lieu requis en faveur d'Aurore Bergé
-
En RDC, les habitants désarmés face à Ebola, attendent l'aide médicale
-
L'Allemand Commerzbank met en garde ses actionnaires contre l'offre de l'Italien UniCredit
-
2027: si LFI arrive au pouvoir, elle fera voter rapidement une "loi anticoncentration" des médias
-
Des objets ayant appartenu à l'acteur Matthew Perry mis aux enchères
-
Avec SpaceX, Elon Musk met un autre joyau de son empire en Bourse
-
Pluies diluviennes en Chine: le bilan grimpe à 22 morts et 20 disparus
-
Prêt à Kiev: l'UE va débloquer "mi-juin" une première aide budgétaire de 3,2 milliards d'euros
-
La loi américaine contre les deepfakes pornos entre en vigueur
-
Aux Etats-Unis, un mécontentement croissant face à la montée de l'IA
Violences contre des "gilets jaunes" dans un Burger King: à leur procès, des CRS admettent avoir manqué de "lucidité"
"On n'aurait jamais dû faire une journée aussi longue": à leur procès à Paris, des CRS jugés pour avoir matraqué des manifestants dans un Burger King pendant l'acte 3 des "gilets jaunes" en décembre 2018 ont admis lundi avoir manqué de "lucidité" mais rappelé le contexte de cette journée "surréaliste".
"En 25 ans de CRS, j'ai eu peur deux fois pour ma vie", démarre Cyrille D., le premier des neuf fonctionnaires de police à être interrogé. "La première fois c'était pendant les émeutes en 2007", et ce 1er décembre 2018, "j'ai revécu cette peur, la même peur viscérale de mourir, ou de voir un collègue se faire tuer", développe cet homme devenu major depuis les faits.
Derrière lui, sont assis sur deux rangs, en chemise blanche et pantalon bleu marine, sept autres prévenus - le dernier est absent et représenté par son avocat.
Tous venus en uniforme, ils ont été contraints peu après l'ouverture du procès en matinée à enlever leurs insignes, à la demande des parties civiles qui avaient observé que des dispositions réglementaires interdisaient à des fonctionnaires de police de comparaître en tenue.
Membres à l'époque de la CRS 43 basée à Chalon-sur-Saône, ils doivent répondre devant le tribunal correctionnel, pendant trois jours, de violences volontaires avec plusieurs circonstances aggravantes, et encourent pour certains jusqu'à sept ans de prison et 100.000 euros d'amende.
La justice leur reproche d'avoir ce jour-là, troisième samedi de manifestations des "gilets jaunes", matraqué et frappé à coups de pied des manifestants qui s'étaient introduits dans un Burger King à proximité de la place de l'Etoile pour y trouver refuge, sans sommation et sans leur laisser le temps d'évacuer l'endroit, alors qu'ils n'opposaient pas de résistance.
Cet épisode, qui n'a duré que 2 minutes et 37 secondes, a été filmé sous différents angles par des manifestants, des journalistes ou encore des caméras de vidéosurveillance. Les vidéos ont été diffusées au tribunal.
Le premier CRS à la barre, qui a asséné trois coups de pied à un homme dans le fast-food, se remémore cette journée "surréaliste". Avec sa compagnie, il est en service depuis 6H30 du matin, et "dès 7H30 en place sur l'Arc de Triomphe".
- Journée de 13 heures -
Puis "sur les coups de 8H-8H30, ça a commencé vraiment à partir en live", se souvient-il. "Tout s'est envenimé d'un seul coup, et on s'est retrouvés sur une journée qui a duré 13 heures".
En début de soirée, les affrontements sur la place de l'Etoile se poursuivent, l'air ambiant est saturé de gaz lacrymogènes. Sa section est en train de descendre l'avenue de Wagram quand elle reçoit l'ordre de déloger les occupants du Burger King, soupçonnés d'y effectuer un pillage.
"Pour moi, c'est une méprise sur leurs intentions à ce moment-là", explique le gradé. "Les apparences étaient un peu contre nous", plaide-t-il. "Un Burger King c'est souvent une cible privilégiée des blacks blocs".
Le président de la dixième chambre correctionnelle lui demande s'il considère, avec le recul, que ses gestes étaient "adaptés".
"Aujourd'hui je dirais que non. Je peux le dire avec la lucidité que j'ai aujourd'hui et en regardant ces vidéos", répond le CRS. "Mais sur le moment, j'ai fait du mieux que j'ai pu", ajoute-t-il, soulignant avoir été "dans un effet tunnel" lui empêchant d'analyser les faits avec discernement.
"Je n'avais qu'une envie: que cette journée se termine, et de rentrer chez nous avec le moins de blessés possible", fait-il valoir.
"Et si vous étiez replongé dans une situation pareille ?", lui demande encore le magistrat. "J'espère que j'aurais la lucidité de ne pas intervenir comme ça mais je ne peux pas le garantir", répond le gradé.
Pourtant, "on attend de vous une lucidité parfaite, parce que vous êtes armé", rétorque le président. "On n'aurait jamais dû faire une journée aussi longue", souffle le prévenu.
"En temps normal, une intervention comme ça, ça dure trois heures, quatre heures", abonde à sa suite Anthony C., qui a reconnu à la barre avoir porté cinq coups de matraque contre une des parties civiles. Or, "on n'a jamais été relevés".
"J'en veux beaucoup à la hiérarchie de Paris, j'aurais voulu qu'ils pensent à nous, on n'est pas des surhommes", dit-il.
L.E.Campos--PC