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Les "non-belligérants" en sommet autour de Macron et Starmer pour la sécurisation du détroit d'Ormuz
Emmanuel Macron a accueilli vendredi Keir Starmer à l'Elysée avant un sommet en visioconférence avec une "trentaine de participants" volontaires "non belligérants" pour une mission de sécurisation du détroit d'Ormuz, une fois que le fragile cessez-le-feu irano-américain sera consolidé.
Le président français et le Premier ministre britannique devaient être rejoints à Paris, après un déjeuner, par le chancelier allemand Friedrich Merz et la Première ministre italienne Giorgia Meloni pour la réunion prévue à 14H00 (12H00 GMT). Le reste des participants, "européens, moyen-orientaux, asiatiques et même latino-américains", seront en visioconférence, a précisé la présidence française.
La réunion, qui n'est pas sans rappeler le format de la coalition des volontaires en soutien à l'Ukraine, sera suivie d'une déclaration conjointe des quatres dirigeants présents à l'Elysée.
Les Américains n'ont pas été conviés, car Emmanuel Macron insiste pour que toute future mission se tienne à l'écart des "belligérants" de la guerre lancée fin février par les Etats-Unis et Israël contre l'Iran, qui a riposté en bloquant de facto le détroit d'Ormuz, dans le Golfe.
- "Priorité immédiate" -
"Nous le ferons certainement en bonne intelligence avec les Américains mais nous n'entrerons pas dans une coalition avec les Américains tout simplement parce que nous ne sommes pas parties au conflit", a relevé l'Elysée.
Le chancelier Merz a pourtant dit vouloir discuter à Paris "de la participation des forces armées des Etats-unis", estimant qu'il "existe de bons arguments en ce sens".
L'Otan, l'alliance militaire dont font partie Américains et Européens, ne participera pas non plus, mais a salué "les efforts des alliés pour garantir la liberté de navigation dans le détroit d'Ormuz". La seule institution multilatérale conviée est l'Organisation maritime internationale.
Emmanuel Macron avait lancé début mars l'idée d'une mission pour accompagner la réouverture du détroit, une fois que les armes se seraient tues. La France et le Royaume-Uni assurent avoir entamé les travaux de planification militaire avec les pays volontaires.
"La liberté de navigation dans le détroit d’Ormuz constitue une priorité immédiate, notamment au regard des conséquences économiques mondiales suscitées par ce conflit", souligne l'Elysée.
Keir Starmer va aussi mettre en avant la nécessité de "rassurer le secteur du transport maritime commercial et soutenir les opérations de déminage, afin de garantir le retour à la stabilité et à la sécurité mondiales", d'après Downing Street.
Depuis l'embrasement du Moyen-Orient, le blocus de cet étroit passage maritime, par lequel transite 20% du pétrole et du gaz consommés dans le monde, a conduit à une envolée des prix de l'énergie qui pèse lourdement sur l'économie mondiale.
Si un cessez-le-feu de deux semaines est entré en vigueur le 8 avril, la situation reste fragile après l'échec dimanche de premières négociations irano-américaines pour le consolider.
Téhéran verrouille toujours ce passage stratégique et Washington impose depuis lundi un blocus sur les navires en provenance ou à destination des ports iraniens.
Il faut "une troisième voie entre la pression maximale pratiquée précédemment par les Etats-Unis sur l'Iran et la reprise de la guerre, y compris les destructions iraniennes contre les pays du Golfe", pointe l'Elysée.
- "Pas de mines, pas de péage" -
Cette future mission, "strictement défensive", suppose en tous cas un arrêt effectif des hostilités entre les Etats-Unis et Israël d'un côté et l'Iran de l'autre, martèle Paris.
"Pour l'instant nous avons un cessez-le-feu informel et dont la durabilité n'est pas établie", a relevé l'Elysée, alors que des discussions sont en cours pour une possible reprise des négociations irano-américaines.
"Nous avons besoin d’être sûrs que nous avons un engagement iranien de ne pas tirer sur les bateaux qui passent et des Etats-Unis de ne bloquer aucun bateau qui sorte ou qui entre dans le détroit d'Ormuz", a insisté le conseiller élyséen. Le passage ne devra pas être miné, "aucun péage ne sera accepté" - cette possibilité a été évoquée par les Iraniens - et le statu quo antérieur à la guerre doit y être rétabli.
Chaque pays candidat à la mission s'engagera "selon ses moyens". La France dispose d'un porte-avions, d'une dizaine de bateaux et d'une cinquantaine d'avions dans la région, a rappelé l'Elysée.
Berlin pourrait de son côté contribuer au "déminage ou la reconnaissance maritime à longue distance", selon une source gouvernementale allemande.
E.Borba--PC