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Alstom paie en bourse ses ratés industriels de livraison
Alstom paie en bourse ses ratés industriels de livraison / Photo: Philippe LOPEZ - AFP

Alstom paie en bourse ses ratés industriels de livraison

L'action Alstom a plongé vendredi à la Bourse de Paris, payant la révision en baisse des objectifs de performance du fabricant du TGV, annoncée jeudi soir par la nouvelle direction du constructeur ferroviaire.

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Vendredi, le titre du groupe français coté à l'indice élargi SBF 120, a clôturé en recul de 27,15% à 16,64 euros, malgré un léger ralentissement de la chute en fin de séance, après un mouvement massif de vente.

Jeudi soir, le constructeur de rames de TGV et de métro qui a absorbé récemment le canadien Bombardier, a publié des résultats préliminaires pour son exercice 2025-2026, qui s'est achevé le 31 mars, après un conseil d'administration exceptionnel.

Et ces chiffres sont inférieurs aux objectifs financiers annoncés précédemment, le groupe ayant dû inscrire une provision supplémentaire dans ses comptes - dont le montant n'est pas précisé - pour couvrir des retards de livraison de matériel roulant ferroviaire.

La marge d'exploitation ajustée, qui traduit le ratio entre le résultat d'exploitation et le chiffre d'affaires sans les éléments exceptionnels, se situera ainsi "autour de 6%", en recul par rapport à l'exercice précédent, alors qu'il tablait auparavant sur une marge d'environ 7%.

Ses résultats de l'exercice 2025-2026 seront connus officiellement le 13 mai.

Alstom a aussi lancé jeudi un avertissement sur ses objectifs de moyen terme: la direction a en effet indiqué ne pas maintenir son objectif de flux de trésorerie disponible cumulé sur trois ans à horizon 2026-2027, et ne pas être en mesure non plus d'atteindre son ambition de marge d'exploitation ajustée de 8 à 10% à la même échéance.

"Dans un métier où une planification rigoureuse et une exécution disciplinée sont essentielles, certains grands projets de matériel roulant ont progressé plus lentement que prévu, pesant sur les marges et la trésorerie à court terme", a expliqué le nouveau directeur général, Martin Sion, venu d'ArianeGroup, qui a pris ses fonctions le 1er avril.

- "Perte de visibilité" -

"Si le groupe a enregistré une forte prise de commandes et atteint ses objectifs de génération de trésorerie au cours de l'exercice 2025-26, la rentabilité est restée en deçà des attentes", a-t-il ajouté.

Alstom n'a précisé ni les modèles ni les clients concernés par les retards de livraison et la "revue de projets" en cours.

De notoriété publique - les clients se sont plaints publiquement-, Alstom a accumulé des retards sur la livraison des futurs TGV M, commandés par la SNCF, ainsi que sur les rames destinées à moderniser la ligne de RER B exploitée par la RATP et la SNCF à Paris.

Alstom salue aussi dans son communiqué les prises de commande "record" à 27,6 milliards d'euros en 2025-2026, qui font passer son carnet de commandes au dessus de 100 milliards d'euros.

Le constructeur présentera "un plan de transformation opérationnelle" et de "nouvelles ambitions à moyen terme" dans le courant de son nouvel exercice fiscal, 2026-2027, promet le groupe.

Pour Andrea Tueni, responsable des activités de marché chez Saxo Banque France, "le marché sanctionne surtout un point: la perte de visibilité sur les objectifs à moyen terme".

"Alstom ne remet pas en cause son activité, mais sa capacité à transformer ses contrats en cash et en profits au rythme prévu", a-t-il ajouté dans une note.

Une source proche du dossier relativise aussi l'impact de l'avertissement en faisant remarquer que "les marges sur le carnet de commande n'ont jamais été aussi élevées". La nouvelle direction a sans doute fait "assaut de prudence" alors qu'elle arrive dans le secteur ferroviaire "inconnu pour elle", a ajouté cette source.

"Les spécificités du monde ferroviaire font qu'il y a une co-construction avec le client, et donc des négociations très longues jusqu'à la livraison, qui renchérissent les coûts et rallongent les délais", a souligné cette même source.

F.Carias--PC