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Attaque américaine contre le Venezuela: ce que l'on sait
Les États-Unis ont mené dans la nuit de vendredi à samedi une série d'attaques aériennes sur le Venezuela, et le président américain Donald Trump a affirmé que ses forces avaient capturé et exfiltré son homologue vénézuélien, Nicolas Maduro.
- Quand ont été lancées les frappes ? -
De premières puissantes explosions ont été entendues peu avant 02H00 du matin (06H00 GMT) à Caracas et dans les environs de la capitale, jusqu'à 03H15 (07H15 GMT), a constaté l'AFP.
Des images sur les réseaux sociaux ont montré des missiles fendant le ciel puis s'abattant sur leur cible. Des hélicoptères ont également été vus dans le ciel de Caracas.
Peu avant 11H00 GMT, un sénateur américain a affirmé que les États-Unis avaient achevé leur action militaire.
- Qu'ont visé ces attaques ? -
Des explosions suivies de panaches de fumée et d'incendies ont visé le Fuerte Tiuna, le complexe militaire le plus important du Venezuela, qui abrite le ministère de la Défense et l'Académie militaire. De très vaste étendue, il abrite non seulement des structures militaires, mais aussi des espaces urbains de logement de troupes où vivent des milliers de familles.
A une des portes d'entrée - toujours gardée -, un petit blindé et un camion portaient des impacts visibles de balles, ont constaté des journalistes de l'AFP.
Des habitants fuyaient la zone au petit matin avec valises et sacs. Ils ont refusé d'être interviewés, mais une habitante a lancé qu'elle partait "parce qu'ils ont failli nous tuer".
D'autres explosions ont retenti près du complexe aéronautique de La Carlota, aéroport militaire et de vols privés, dans l'est de Caracas. Un petit blindé brûlant et un bus calciné étaient visibles, ont constaté des journalistes de l'AFP.
Des explosions ont également été rapportées dans l'ouest du pays, à la Guaira (aéroport international et port de Caracas), à Maracay, capitale de l’État d'Aragua (100 km au sud-ouest de Caracas), et à Higuerote (100 km à l'est de Caracas) dans l’État de Miranda, sur la côte Caraïbe.
- Quel bilan de victimes ? -
Le ministre de la Défense, le général Vladimir Padrino Lopez, a accusé l'armée américaine d'avoir frappé "au moyen de missiles et de roquettes tirés depuis leurs hélicoptères de combat des zones résidentielles de population civile".
Aucun bilan humain n'était disponible, M. Padrino disant être "en train de recueillir les informations relatives aux blessés et aux morts".
- Le président Maduro arrêté et exfiltré ? -
"Le président Nicolas Maduro avec son épouse (Cilia Flores) a été capturé et exfiltré du pays", a écrit M. Trump sur son réseau Truth Social.
On ne sait pas comment le président Maduro a pu être capturé. Des hélicoptères américains ont été vus dans le ciel de Caracas.
Personne ne savait exactement où résidait le président vénézuélien, auquel on prêtait de changer souvent de résidence ces derniers mois. Jeudi, la télévision avait diffusé une interview de M. Maduro dans laquelle il circulait en voiture dans Caracas.
La vice-présidente du Venezuela, Delcy Rodriguez, a exigé une "preuve de vie" du couple présidentiel. La Russie a demandé "des éclaircissements immédiats" sur la situation de M. Maduro.
- Quelles réactions internationales ? -
La Russie, allié principal du Venezuela, a condamné "un acte d'agression armée", rejetant "les prétextes utilisés pour justifier de telles actions" et regrettant que "l'hostilité idéologique ait triomphé du pragmatisme d'usage".
Autre soutien du Venezuela, l'Iran a pointé une "violation flagrante de la souveraineté nationale et de l'intégrité territoriale du pays", fustigeant "l'agression illégale des États-Unis", ennemi de la République islamique.
En Europe, la cheffe de la diplomatie de l'Union européenne, Kaja Kallas, a appelé à la "retenue" et au respect des "principes du droit international et de la Charte des Nations unies". L'Espagne s'est proposée pour jouer les intermédiaires, se disant "disposée à offrir ses bons offices pour parvenir à une solution pacifique et négociée à la crise actuelle".
Le Venezuela a demandé samedi une réunion d’urgence du Conseil de sécurité.
L.E.Campos--PC