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Face à Trump, l'Otan et le Groenland promettent de renforcer la sécurité dans l'Arctique
L'Otan et le Groenland ont annoncé lundi vouloir travailler au renforcement de la défense de cet immense territoire autonome danois, dans l'espoir de faire reculer Donald Trump qui veut s'en emparer à tout prix.
Le président américain a encore accru les inquiétudes groenlandaises en déclarant dimanche qu'il prendrait le Groenland "d'une manière ou d'une autre". "On a besoin d'un titre de propriété", a-t-il insisté.
Face à l'hypothèse d'une annexion par la force, qui gagne en crédibilité, le Premier ministre groenlandais Jens-Frederik Nielsen a placé ses espoirs dans l'Alliance atlantique, dont les Etats-Unis sont membres, pour assurer la défense du Groenland.
"Notre sécurité et notre défense relèvent de l'Otan. C'est une ligne fondamentale et immuable", a-t-il dit sur Facebook lundi.
- "Etroite collaboration avec l'Otan" -
Le gouvernement groenlandais va donc "s'efforcer de faire en sorte que le développement de la défense au Groenland et autour du Groenland se fasse en étroite collaboration avec l'Otan. En dialoguant avec nos alliés, dont les États-Unis. Et en collaboration avec le Danemark", a-t-il ajouté.
Les Etats membres de l'Otan en ont parlé la semaine dernière à Bruxelles. Plusieurs pistes ont été évoquées, comme le renforcement du nombre des navires dans l'Arctique, mais rien de concret n'a été décidé.
Pas certain pour autant que cet effort promis fasse plier le président américain qui avait reconnu la semaine dernière qu'il lui faudrait probablement choisir entre la préservation de l'intégrité de l'Otan et la prise de contrôle du Groenland.
Une annexion signerait l'arrêt de mort de l'Alliance atlantique, avait averti début janvier la Première ministre danoise Mette Frederiksen.
Depuis un an, le Danemark a fortement renforcé ses investissements au Groenland pour amadouer Washington. En 2025, Copenhague a alloué 1,2 milliard d'euros à la sécurité dans la région, a souligné Mme Frederiksen.
Cette vaste île arctique peuplée de 57.000 habitants dispose d'importantes ressources minières, en majorité non exploitées, et est considérée comme un emplacement stratégique. Les Etats-Unis y ont déjà une base militaire et en administraient une dizaine pendant la Guerre froide.
Et, selon M.Rutte, "les Danois n'auraient aucun problème" si les États-Unis venaient à avoir "une présence plus importante qu’actuellement".
Depuis 1951, un accord de défense, actualisé en 2004, donne quasiment carte blanche aux forces armées américaines sur le territoire groenlandais, à la seule condition qu'elles informent en amont les autorités.
- Préparatifs diplomatiques -
Le Danemark va également tenter de jouer la carte de la diplomatie, avec une rencontre attendue cette semaine entre des responsables danois et groenlandais et le secrétaire d'Etat américain Marco Rubio.
Selon des médias américain et danois, ces entretiens auront lieu mercredi à Washington.
Le ministre danois des Affaires étrangères Lars Lokke Rasmussen a diffusé lundi une photo d'une réunion de travail préparatoire avec sa collègue groenlandaise Vivian Motzfeldt.
La diplomatie danoise veut afficher un front uni avec les dirigeants du Groenland avant cette rencontre.
La presse danoise a fait état la semaine passée d'une visioconférence tendue entre députés danois et groenlandais à propos de la façon de négocier avec les Etats-Unis.
Face aux menaces répétées de Donald Trump, "je comprends bien qu'il y ait de l'inquiétude" dans la population, a reconnu le Premier ministre groenlandais dans son message lundi.
Il a aussi répété que l'exécutif de son territoire n'accepterait "d'aucune manière" de tomber entre les mains des Américains.
Cette volonté des Groenlandais de décider de leur sort se retrouve largement chez les habitants de la capitale Nuuk.
"Américain, non ! Nous avons été une colonie pendant tant d'années. Nous ne sommes pas prêts à être de nouveau une colonie, à être colonisés", a dit à l'AFP Julius Nielsen, un pêcheur-chasseur de 48 ans.
G.Machado--PC