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L'Allemagne veut criminaliser les "deepfakes" à caractère sexuel
L'Allemagne veut criminaliser les "deepfakes" à caractère sexuel / Photo: John MACDOUGALL - AFP/Archives

L'Allemagne veut criminaliser les "deepfakes" à caractère sexuel

Le gouvernement allemand veut criminaliser la création et la diffusion d'images et vidéos générées par intelligence artificielle (deepfakes) à caractère sexuel et contraindre les plateformes à agir, en pleine offensive européenne sur la question.

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En Allemagne, le sujet des deepfakes a été mis à la Une par l'actrice et animatrice de télévision Collien Fernandes, qui accuse publiquement jeudi son ex-mari Christian Ulmen, acteur lui aussi, d'avoir diffusé sur Internet de fausses vidéos d'elle à caractère pornographique.

De tels actes seront à l'avenir "explicitement" passibles de poursuites pénales grâce à une nouvelle loi, a assuré la ministre allemande de la Justice, Stefanie Hubig, auprès de l'hebdomadaire Spiegel vendredi.

Au delà d'images pornographiques, la ministre souhaite viser l'ensemble des faux contenus "qui portent atteintes aux droits de la personne".

"Certains de ces clichés servent à blesser des personnes. D'autres ont pour but de diffamer les victimes ou de répandre des mensonges. Nous ne l'accepterons pas", a déclaré la ministre social-démocrate.

Les réseaux sociaux sont de plus en plus inondés par des vidéos hyperréalistes truquées de personnalités politiques et de célébrités.

Mercredi, les eurodéputés ont adopté en commission un texte pour bannir les services d'intelligence artificielle permettant de dénuder des personnes sans leur consentement.

Depuis quelques mois, l'indignation grandit contre le réseau social X et son outil Grok, qui permet aux utilisateurs de déshabiller des personnes à partir d'images, et une enquête européenne a été ouverte.

Stefanie Hubig a souligné la responsabilité des plateformes américaines et la nécessité de les réguler, un sujet épineux entre Washington et Bruxelles depuis le retour de Donald Trump à la Maison Blanche.

"Les exploitants gagnent beaucoup d'argent avec leurs plateformes, il va de soi qu'eux aussi doivent respecter le droit et la loi. Nous devons fixer des limites", a-t-elle affirmé.

La ministre a en outre déclaré ne faire "aucune différence entre la violence dans la vie réelle et la violence numérique", qui peut avoir des effets "tout aussi dévastateurs".

Dans la nouvelle législation, la ministre veut aussi sanctionner le "voyeurisme numérique", soit les enregistrements "à caractère sexuel" dans l'espace public sans consentement.

La protection des victimes sera au cœur de la future loi, notamment au sujet des dispositifs de traçage, répandus dans les cas de violences conjugales.

Les coupables devront perdre l'accès à leur compte et les victimes doivent savoir qui se cache derrière les faux profils, a ajouté la ministre.

R.J.Fidalgo--PC